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Zone de Texte: HABIB BOURGUIBA, LE FRÈRE CONSTRUCTEUR

La Tunisie a toujours été objet de convoitises ainsi de nombreuses civilisations ont envahi le pays : les Phéniciens   (800 av. l'è.v.), les Romains (146 av. l'è.v.), les Vandales (440), les arabes (647), les Ottomans (1566-1683), et enfin les Français (1881). 

Par ailleurs, de nombreux Maures et juifs arrivèrent d’Andalousie à la fin du XVème siècle.
Toutes ces civilisations sont autant d’influences et de cultures qui ont façonné la Tunisie d’aujourd’hui.

Saint-Exupéry disait : « Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis » car la pluralité culturelle apporte toujours son lot de tolérance.

Cette ouverture au monde est certainement responsable du fait que la Tunisie ait été le premier pays arabe à se doter d’une première Constitution consacrant la séparation des pouvoirs en 1861 dans l’esprit des Lumières et de Montesquieu1, et en 1959 à instaurer l’égalité de l’homme et de la femme 2.

Voici donc pour les raisons historiques souvent invoquées.

Qu’en est-il des raisons humaines ? Et lorsque je parle des raisons humaines, je fais références aux personnalités des hommes politiques qui ont jalonné l’histoire de la Tunisie et en particulier à celle de Habib Bourguiba, promoteur de cette Constitution avant-gardiste.

Habib Bourguiba déclarait en 1958 : « Je veux que chaque Tunisien s'imprègne de ce principe essentiel : il n'y a pas de place dans nos coeurs pour la haine » et promulguait un an plus tard, une Constitution célébrant en son article 6, l’égalité de tous les citoyens.
Tout Franc-Maçon reconnaîtra ici l’emprunte de la Franc-Maçonnerie dont Habib Bourguiba était membre et de ses idéaux auxquels il restera attaché toute sa vie.
Ces principes de liberté, d’égalité et de fraternité qui ont été les moteurs de la révolution française et la clé de voûte du Rite Écossais Ancien Accepté pratiqué en Loge par les ‘fils de la Veuve’ se contemple en filigrane dans cette Constitution souvent critiquée parce qu’enviée de ses voisins arabes.

Celui qui sera appelé « le constructeur de la modernité tunisienne » a su mettre en pratique les enseignements de ses Maîtres et restera pour le grand Maghreb le promoteur du progrès social et de l’égalité citoyenne.

*1 : (1861 : le 23 avril, le nouveau Bey de Tunis, Sadok Bey, promulgue une Constitution qui sépare les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif. Les pouvoirs du Bey sont limités, de nouvelles cours de justices et un Conseil Suprême collaborant à la fois avec un Parlement et une Cour Suprême sont créés).

*2 : (1959 : le 1er juin, la première Constitution après l’accession à son indépendance est promulguée instaurant en son article 6, « l’égalité des droits et des devoirs » « de tous les citoyens »).
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